Dieu n’a pas réponse à tout (mais il sait à qui s’adresser)

Le talent du meilleur des DRH c’est de de proposer « the right man at the right place ». Et c’est tout le savoir faire de ce Dieu-ci. Il faut dire qu’il dispose d’un choix presque infini. Il n’hésite pas à envoyer les plus grandes figures historiques pour donner un coup de pouce à diverses personnes qui ne parviennent pas à accomplir leur destiné.

Manque de confiance, de méthode ou accès de découragement, les créatures terrestres ont bien besoin de la faconde d’un Cyrano ou du raisonnement d’une Agatha Cristie pour que s’épanouissent enfin leur talents. Ces sommités sont plutôt rigolardes et Barral, à travers une mise en page et un dessin aéré, ne manque jamais de donner une expression facétieuse et bienveillante à leur visage. L’astuce est bien souvent la première des armes de ces initiateurs.

La chute de chaque histoire tient dans la récompense choisies par chaque ange gardien pour la bonne exécution de sa courte mission terrestre. Un même canevas est donc utilisé de mille façons différentes et on est à chaque fois touché par ces fins heureuses matinées d’un humour que Benacquista manie joyeusement.

Lafigue

De Gaulle à la plage

Quand t’es dans le désert depuis trop longtemps tu te demandes à quoi ça sert disais l’autre. Le libérateur des français détaché de son destin national depuis 10 ans décide donc de partir à la plage accompagné de tante Yvonne et de son fidèle Lebornec.

Ainsi donc De Gaulle précède l’histoire en goutant aux joies balnéaires. Conscient de son rôle et du devoir de sa charge, il soliloque, déclame à tous les vents marins et invoque la France devant d’insouciants plagistes.

Aucune situation n’est épargnée au héros. La grandeur dignitaire du personnage en prend un coup et génère à chaque strip un gag réussi. Tenues de plage, matages des filles en maillot par l’homme du 18 juin, rapports avec tante Yvonne, relations avec la presse : cela désacralise sévère. Cependant comme tout personnage entier, De Gaulle, altier dans sa stature, reste imperturbable.

L’album de Ferri coloré par Patrice Larcenet présente un humour constant. On rit vraiment à chaque page et même plusieurs fois par page. L’idée de la couleur tramée peut surprendre. Mais après tout, cette escapade à la mer est censée se dérouler en un temps où le papier n’était pas encore aussi luxueux.

La quatrième de couverture présente les albums qui sont censés déjà exister. Et là, c’est la déclinaison des Martine : Martine à la plage, Martine s’achète un taille crayon etc.. Il a des aventures tout le temps ce fameux et trépident Charles. Les tintinophiles apprécieront aussi le petit dessin, clin d’œil à « On a marché sur la lune ».

Moi je dis juste : « vite ! Un autre » et pas plus tard que dès qu’on pourra en faire un autre. Pour les impatients il y a quelques nouvelles planches parues dans le hors série de Pilote spécial mai 68.

La Figue