Medley

medley

Si vous avez loupé le 3-4 donné par le batteur ou le tac-tac-tac de la baguette du chef d’orchestre

…Rendez vous immédiatement à la première page pour apprendre comment fut créée la première musique à coup de matraquage frénétiques sur des ossements à l’aide d’autres ossements de même facture. Découvrez quelle fût la joie du premier auteur compositeur de l’Humanité à l’écoute de cette mélodie primitive. Et partagez l’horrible déception de ce dernier dès que le premier critique musical de cette même Humanité – quoiqu’on en doute – passant par là, chia instantanément sur son oeuvre, au sens propre, par l’édification d’un étron de très belle taille, comme au sens figuré, par le jaillissement de ce même colombin, dont les archéologues n’ont pour l’instant pas retrouvé la trace, laissant encore un petit doute sur l’explication donnée par le neuvième art sur les origines du quatrième art.

Le monde n’en avait pas fini de troller à l’infini sur une activité artistique qui ne devrait après tout pas attirer plus la haine que l’innocente passion pour le maquereaux à la moutarde ou l’attirance pour le hareng pomme à l’huile. Mais voilà, le chemin est pris depuis les origines. Et si le Rock and Roll est souvent à quatre temps, le panorama de l’univers de la musique fait par Raphaël B s’exécute lui aussi en quatre cases. Quelques personnages sont récurrents comme Acier Fulgur, le DJ le plus classe du monde ou Didier, commentateur au bistro de l’actualité des chansons. Cependant la plupart des protagonistes ne font qu’une seule apparition pour ne livrer que le gag de la maturité. Ce diable de Raphaël B jure avoir été ingénieur dans une autre vie avant de se faire connaitre avec « Ma vie de zombie », mais il a dut sévir quelque part sur un appareil acoustique ou subir en plusieurs endroits le son de bien des instruments pour livrer cet excellente oeuvre humoristique.

Zefigue

Un cow-boy dans le coton

Un cow boy dans le cotonSi vous êtes dans le coton, vous êtes arrivé. Mais le dernier des Lucky Lukes pas encore. Il va falloir attendre octobre 2020. En pleine période de protestation aux Etats-Unis suite à la mort de George Floyd, l’éditeur Dargaud révèle sa parution 4 mois à l’avance, ceci sans doute pour éviter toute accusation d’opportunisme, qui sans cette annonce,  ne manquerait pas d’éclore.
Héritant d’une plantation en Louisiane, Lucky Luke va devoir affronter l’hostilité des planteurs blancs aux alentours après qu’il ait eu redistribué aux fermiers noirs environnants son héritage. Épaulé par Bass Reeves – premier shérif noir recensé du Far West – aidé aussi par les cajuns du bayou ainsi que par les Dalton, le cow boy plus solitaire mais solidaire va devoir affronter les membres du Ku Klux Klan.
Jul, déjà signataire des 2 précédents albums est à la tâche. Adepte du « une case-un jeu de mot », il s’attaque à tout un pan de l’histoire de l’Ouest américain jamais traité jusqu’ici par la série.
A savoir qu’à la nouvelle de cet bd qui nous vient, on brûla, on frétilla, même on tortilla pour les Daltons, à se demander comment les 4 desperados vont rejoindre la juste cause…

Lafigue

Sky Hawk

Si en 2002, lors de la parution de l’album en librairie et en plein passage à l’Euro, vous n’aviez pas pu repartir avec, parce que le marchand vous avait refusé vos derniers francs…

Taniguchi avait depuis longtemps envie d’écrire un manga sur le thème du western, mais aucun éditeur ne voulait publier ce genre. Il a alors eu l’idée de créer un héros japonais, et s’est inspiré pour cela des Japonais qui ont émigré aux Etats Unis à l’époque de la ruée vers l’Ouest.

Les deux personnages principaux, des samourais qui ont fui leur pays après la défaite de leur Daimyo, vont peu à peu se faire accepter par les Sioux Oglalas, devenir Sky Hawk (Faucon céleste) et Winds Wolf (Loup des vents), partager la vie de ces guerriers, épouser leur cause et les aider dans leur lutte contre les Blancs.

Ce récit très émouvant a pour point d’orgue la bataille de Little Big Horn qui a opposé George Armstrong Custer à Sitting Bull et Crazy Horse.

Zébulonnette

 Michigan

Si vous étiez plutôt en compagnie d’un jeune et fringuant soldat allemand au début de cette histoire…

Le dessin de Lucas Varela, fidèle à la ligne claire et un peu rétro avec ses couleurs sepia, convient bien à ce récit de Julien Frey, qui nous fait découvrir le destin de ces Européennes (surnommées les » War Brides ») tombées amoureuses d’un GI à la fin de la Seconde Guerre mondiale et qui ont choisi de quitter leur pays et leur famille pour suivre leur fiancé aux Etats Unis. Deux regards s’entremêlent : Celui de l’auteur, parisien un peu « bobo », qui rend visite à la famille américaine de sa femme et découvre un mode de vie quelque peu éloigné du sien, et celui d’une de ces War Bride, la grande tante Odette, au caractère bien trempé, qui nous raconte son expérience : le départ à bord d’un paquebot après la guerre, les cours de cuisine et de danse, les difficultés d’adaptation, le mal du pays…Mais de même que Julien à la fin de son séjour peine à quitter sa nouvelle famille, Odette reconnait que somme toute, elle a eu une belle vie…

Zébulonnette