Avant Minuit – Belleville story

Pas très sympathique le héros de cet album : Freddy rackette les commerçants du quartier de Belleville, n’hésite pas à frapper un homme devant son fils ou à martyriser une malheureuse clandestine chinoise. Le tout pour donner le change devant des petits caïds et toute une faune de crapules en tout genre.

Seulement Freddy n’est pas aussi assuré qu’il le voudrait et avant de devenir un tueur au sang froid, il va lui falloir supprimer un énigmatique chinois au sourire figé. A t’il des scrupules, Est il débordé par les évènements ou n’est il tout simplement pas encore un peu trop tendre pour exécuter pareil contrat. Peut être encore la trop forte proximité qui s’établit entre les deux personnages rend la tâche difficile. Les situations s’enchainent et les couleurs beiges, bleue-grises, oranges et rouges d’Isabelle Merlet appuient le scénario noir que nous sert Arnaud Malherbe. Quand au trait de Vincent Perriot, marqué de hachures, donnant parfois l’aspect d’esquisse et mettant largement en valeur le mouvement, il achève de donner un aspect nerveux et fébrile à cette histoire dont on attend déjà la suite.

La Figue

Le Voyage des cendres – Une enquête de l’inspecteur Canardo

Dans cet album on découvrira que les seules collines du plat pays de Belgique sont les formes rebondies de ses femmes. On y parcourra les coins les plus mornes à forte brutalité rurale selon les termes employé par l’un des personnages. On retrouvera le conflit linguistique porté haut et fort par un couple de Ténardiers locaux. en débit de la bassesse des héros de cet épisode, Canardo conserve face à l’inévitable mélancolie qui ne peut que gagner tout canard normalement constitué, confronté à tant de bas instincts, son inexpugnable flegme savamment entretenu par l’alcool et les cigarettes.

La Belgique sied décidément très bien au plus séduisant des palmipèdes.

Histoires d’en ville – Intégrale

Les lecteurs de polars retrouveront parfaitement le climat du genre dans cette compilation des trois tomes de cette série initialement appelée Rochecardon, du nom du quartier lyonnais où se déroule cette histoire.

Berton, en plus du décor, plante des personnages qui s’ils sont typiques du roman policier – un policier ivrogne à la retraite, un parrain, de jeunes zonars – sont creusés suffisamment pour être tout à fais crédibles. Le traitement graphique particulièrement raffiné dans sa colorisation permet de humer le quartier et la ville. Du fait des personnages choisis et de l’ambiance sanglante du scénario, on s’attend à une dénouement très noir. Cependant l’auteur opte pour une fin plutôt heureuse et porteuse d’espérance sans pour autant ôter à ce polar son caractère âpre et rugueux.

La figue