L’ombre de l’Ange – Le Scorpion

La haine de Trebaldi pour le Scorpion s’exacerbe d’avantage dans cet épisode. Cependant tout l’aspect inquiétant des grandes familles, à l’origine de cette mystification qu’est la papauté et la chrétienté, a disparu. La cruauté des moines soldats semble s’émousser sans doute en raison des nombreuses escarmouches dont ils sortent souvent perdants face au hussard et au Scorpion.

Cet épisode perd de son ésotérisme – même s’il n’y a jamais de magie dans le Scorpion – pour gagner en complexité dans un entrelacement de plusieurs intrigues dont le Scorpion se trouve être le nœud central.

L’ensemble de l’intrigue est magnifiquement illustrée par le dessin de Marini dont on soulignera le coloris impeccable capable d’installer des climats chauds en intérieur ou des nuits bleutées et féeriques. Il parvient à trouver des couleurs incroyablement justes comme celles utilisées lorsque des moines soldats veulent rançonner le Scorpion : l’ambiance y est électrique et pourtant l’action a lieu entièrement de nuit. Pour illustrer la ville éternelle, il fallait quelqu’un qui sache parfaitement utiliser la lumière et y distiller des ombres nécessaires à la dissimulations de ses conspirateurs.

Lafigue

Le bouclier de Thor – Thorgal

Le démarrage d’un nouveau cycle, l’arrivée de Sente, le renouvellement graphique opéré par Rosinski, ont définitivement redonné un nouveau souffle à Thorgal. Pour les puristes les albums qui avaient succédé à la Gardienne des clés étaient de beaucoup moins bonne facture. Les fans sont rarements nuancés et disons que certains albums comme « Géants » ou « Le royaume sous le sable » n’apportaient pas, de part la faiblesse de leurs scénarios, grand chose à cette série depuis longtemps mythique.

On pensait que dans ce nouveau cycle, les ponts allaient être définitivement coupés avec Thorgal, Aaricia et l’ensemble de la famille. Dans « Le Bouclier de Thor », Jolan demeure le personnage principal de l’histoire. Cependant, Sente tisse des fils vers le passé de la saga et réintroduit Thorgal et Aarica dans le scénario.

Les mannequins de chiffons animés par le Mage Manthor et chargés d’assistés chaque participant à la course à l’Elu, ne manquent pas de nous rappeler ceux du Magicien d’Oz même si cet épisode se destine à nous enmener aux porte d’Asgard. La droiture et l’esprit de justice, qui ont été enseignés à Jolan, continuent de le servir et c’est une bien poétique démonstration de piété filiale que nous livre la dernière planche de cet épisode.

Une petite perle pour fétichistes : Rosinski en plein travail.

La voie et la vertu – Largo Winch

Des cascades, des armes automatiques, des créatures somptueuses, des chinois fourbes et pervers, des complots, des amitiés viriles, de l’exotisme, du suspense et de l’aventure : tous les ingrédients de la série sont présents pour le deuxième et dernier volet des aventures de Largo Winch à Hong kong.

James bond finit par passer pour un vieillard cacochyme, bon pour jouer des scènes d’actions dans un Maigret, tant Van Hamme déploie un soin particulier à ne jamais laisser souffler son lecteur. D’autant plus que dans cet épisode ci nous n’avons pas droit au classique exposé de finance internationale assuré par Cochrane. Résultat : une planche de libre supplémentaire pour sauter d’un deltaplane et une autre pour faire exploser un hélicoptère près d’un gratte-ciel.

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