Deux histoires, deux scénaristes, un dessinateur capable d’adopter deux styles graphiques différents et une coloriste pouvant restituer deux univers bien distincts. Voilà l’ensemble des prouesses réalisées par l’équipe ayant travaillé sur cet album audacieux.
Giroud construit le récit concernant la relation entre la jeune journaliste et l’écrivain : c’est la surface du récit. Denis Lapière s’occupe de la partie narrant la quête d’Afia sur son passé. Charge à Ralph Meyer de trouver deux styles de dessins adaptés à chacuns des deux pans d’une histoire pourtant marquée par son unicité. Trait gros, tons bleus en à plat pour tout ce qui concerne Carson Mc Neal, l’écrivain ; accentuation des ombres, style proche de la photographie et couleurs sanguines en lavis pour la partie dès que l’histoire se centre sur Afia. Et prouesse ultime, le dessinateur confond progressivement ses deux façons de dessiner quand les deux histoires opèrent leur jonction, expérimentation stimulante et trop rare à ce niveau de tirage.
Après s’être attaqué au marketing, à l’exploitation des stagiaires, à la cuistrerie des commerciaux et la cruauté de la direction, James aborde de nouveaux thèmes ou situations classiques de l’entreprise.
Pas très sympathique le héros de cet album : Freddy rackette les commerçants du quartier de Belleville, n’hésite pas à frapper un homme devant son fils ou à martyriser une malheureuse clandestine chinoise. Le tout pour donner le change devant des petits caïds et toute une faune de crapules en tout genre.
Le tueur s’engagerait il dans la politique ? Ou séduit par une belle cubaine serait il aveuglé au point de circonvenir à ses principes voulant qu’un contrat s’exécute sans états d’âme, simplement pour l’argent sans en connaitre les mobiles ou motivations.