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Repression au Tibet

 

 

 

 

 

 

En mars 2008, à quelques mois des jeux olympiques de Pékin, des manifestations de moines bouddhiste tibétains sont réprimées par le pouvoir chinois.

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Casiers judiciaires

Une des meilleures poilades de cette année que cet assemblage de cases remplies de prévenus chez qui la case fait souvent défaut. Le contraste, entre la langue soutenue et jargonesque des procureurs, juges et avocats et la langue d’un registre plus courant des mis en examen, provoque déjà un sourire avant que celui-ci ne dégénère en franche rigolade à la plupart des chutes.

Contredisant la lenteur légendaire de la justice, infractions, petits délits, délits moyens et crimes ordinaires (pas d’homicide pour l’instant) sont instruits chacun en six case. N’oublions pas les outrages à la cour que ne manque que très rarement de commettre, volontairement ou pas, la faune qui se présente dans les salles de ces tribunaux. La bêtise des inculpés est sans cesse renouvelée et on ne côtoie jamais d’innocents ou de victimes d’erreur judiciaires à la barre. Et c’est souvent assez dubitatifs ou interloqués que le personnel judiciaire s’adonne à sa tâche.

On ne se lasse pas de cette succession de dessins de gros nez subtilement rehaussés tantôt d’un poireau tantôt d’un furoncle. On apprécie en fin connaisseur ces culs de bouteilles sans yeux et tous ces physiques ingrats qui comparaissent.

La sentence est sans appel : il nous faudra nous morfondre un an avant la parution du prochain album.

Lafigue

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Tuer nuit gravement…

Quoique fassent leurs auteurs, il sera sans doute à jamais impossible d’égaler le choc que fut le premier tome de cette série désormais solidement campée dans les rayons des libraires. Oser faire d’un tueur professionnel le héros d’une série, il fallait l’envisager. Réussir à faire entrer le lecteur dans l’univers mental d’un reptile à sang froid, il fallait l’essayer.

Les auteurs y sont plus que parvenu. Pour le tueur l’homme est bel et bien mort que ce soit depuis Auschwitz ou depuis un certain Marc Dutroux. Alors qui tue il ? Rien d’autre que d’autres prédateurs dont il ne sait rien. C’est la règle. Son activité n’est qu’une activité commerciale pas plus blâmable qu’une autre qu’il mène seul, sans exploiter personne. En 6 volumes parus, le nihilisme du tueur nous est devenu familier et on pourrait même sympathiser avec lui à une terrasse de café.

Fallait il entamer un nouveau cycle ? Oui car premièrement un tueur ça manque quand il n’y en a pas. Deuxièmement c’est l’occasion pour un scénariste de se surpasser (le nouveau cycle de Thorgal par exemple a donné un bon second souffle à une série qui dépérissait un peu). Pour réussir le pari, il a fallu accélérer le rythme de l’histoire, plus lent dans les 5 premiers volumes. Cependant les auteurs ont réussi à conserver une mise en page faite de grande vignettes. Les teintes en à-plats demeurent somptueuses et cadrent parfaitement avec la froideur apparente du personnage.

Si le tueur commence à perdre les pédales, encourageons Matz et Jacamon à en mettre un grand coup pour nous livrer la suite.

lafigue

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Larcenement moral (1)

Manu Larcenet sort le tome 4 du Combat Ordinaire. Age tendre, désillusions et gueules de bois…
La critique est aisée mais l’art est difficile dit le quidam impunément. Or, je viens tout juste de finir le dernier tome du « Combat ordinaire » de Manu Larcenet. Et comment voulez vous que j’en fasse une de critique sur cette bon dieu de BD ?

Il n’y a pas de reproches à lui faire à ce satané illustré à part ceux que Marco, le héros de l’histoire se fait sempiternellement. Apparemment devenu plus serein, la paternité semble l’avoir décentré de lui même et de ses angoisses qui n’effrayent nullement son psychanalyste ;un psychanalyste plus taquin que freudien quand Marco parle de ses envies de meurtre ou quand il lui prend de faire son malin. L’apprentissage d’un papa avec sa fille, la détresse ouvrière, les racines historiques et familiales, l’illusion politique sont abordés tant à travers les échanges entre personnages que par la somptueuse mise en page de silences qui installent autant les transitions que le rythme de la réflexion. Ce procédé souvent utilisé permet au lecteur de s’emparer des questions que se posent Marco ou Pablo, l’ami de son père disparu. Les moments d’humours révèlent les failles ou les contradictions d’une vie qui si elle s’écoule ordinairement, ponctuée par ses drames grands ou petits, ne manque pas de profondeur. Et cette profondeur, cette complexité, qui donnent le vertige à Marco sont révélées à chacun par la lecture de cette histoire.

Ma question à moi du coup n’a toujours pas trouvé sa réponse. Comment je fais moi pour faire rien qu’à critiquer cet album.

En effet monsieur Larcenet ! Des gens comme vous sont les fossoyeurs d’une profession qui n’est pas mienne mais c’est pas une raison quand même… je n’ai même pas réussi à trouver une bribe de dessin dont on pourrait dire qu’il est un quart de poil foireux. Forcément quand on fait la synthèse réussie des gros nez et du dessin intimiste, c’est trop facile alors : on peut tout aborder. La vie, l’amour, la mort ou que sais-je encore. Quand le moindre trait se met instantanément au service d’une histoire, je n’ai plus qu’à finir cet article et pis c’est tout.

La Figue