Le duo Delaby et Dufaux nous régale déjà depuis quelques années avec « Murena » et on ne peut que se réjouir que de les voir collaborer à une autre série. En effet Rosinsky a laissé la place à Delaby au dessin pour ce second cycle de la « Complainte des Landes perdues ».
La finesse du trait de Dellaby est immédiatement identifiable, la façon qu’il a de peindre les visages pour leur donner la blancheur si caractéristique de son style et les touches pastels données à ses paysages ne cessent de réjouir l’œil. Il utilise différents tons dominants en fonction des atmosphères successives qu’il désire souligner.
La créativité du dessin dans la représentation des monstres et les déformations apportées aux visages en proie aux forces obscures servent un scénario qui sait installer de manière continue un climat oppressant. Le contraste entre la clarté de ces vertes landes celtiques et les démons qui s’y dissimulent demeure tout à fait prégnant tout au long de l’histoire.
Du coup on ne sait plus sur quelle série on préférerait que les auteurs travaillent prochainement : une suite de « Murena » ou une suite de « La Complainte des Landes perdues » ? Ben les deux bien sûr !
Lafigue
Après la décevante cloture de la série par « Le round final » dont la double vocation était de terminer la série et de faire la promotion de la « Version Irlandaise », les limites de la patience étaient atteintes. Certes la promotion intégréé d’un album au scénario était ingénieuse (La Version irlandaise étant un livre d’enquête publié par un jeune journaliste), mais laissait néanmoins percer une finalité exagérément commerciale. Cependant « La version irlandaise » déssinée par Giraud avait remis un peu de baume au coeur à celui qu’avaient captivés les 10 premiers albums de la série, les suivants étant une exploitation sans fin d’un filon commercial tant les scénarios tiraient en longueur.
Avec Miss Pas Touche, on navigue toujours entre le fantasme du raffinement des maisons closes d’antan et la peur d’une tragédie qui semble toujours imminente.
Il est des styles graphiques qui s’ils ne sont pas de l’ordre du dessin réaliste se mettent parfaitement au service du récit historique. Point besoin de faire du dessin réaliste, comme c’est trop souvent le cas quand la BD traite d’histoire, pour atteindre une forme de véracité historique.