La haine de Trebaldi pour le Scorpion s’exacerbe d’avantage dans cet épisode. Cependant tout l’aspect inquiétant des grandes familles, à l’origine de cette mystification qu’est la papauté et la chrétienté, a disparu. La cruauté des moines soldats semble s’émousser sans doute en raison des nombreuses escarmouches dont ils sortent souvent perdants face au hussard et au Scorpion.
Cet épisode perd de son ésotérisme – même s’il n’y a jamais de magie dans le Scorpion – pour gagner en complexité dans un entrelacement de plusieurs intrigues dont le Scorpion se trouve être le nœud central.
L’ensemble de l’intrigue est magnifiquement illustrée par le dessin de Marini dont on soulignera le coloris impeccable capable d’installer des climats chauds en intérieur ou des nuits bleutées et féeriques. Il parvient à trouver des couleurs incroyablement justes comme celles utilisées lorsque des moines soldats veulent rançonner le Scorpion : l’ambiance y est électrique et pourtant l’action a lieu entièrement de nuit. Pour illustrer la ville éternelle, il fallait quelqu’un qui sache parfaitement utiliser la lumière et y distiller des ombres nécessaires à la dissimulations de ses conspirateurs.
Lafigue
Le démarrage d’un nouveau cycle, l’arrivée de Sente, le renouvellement graphique opéré par Rosinski, ont définitivement redonné un nouveau souffle à Thorgal. Pour les puristes les albums qui avaient succédé à la Gardienne des clés étaient de beaucoup moins bonne facture. Les fans sont rarements nuancés et disons que certains albums comme « Géants » ou « Le royaume sous le sable » n’apportaient pas, de part la faiblesse de leurs scénarios, grand chose à cette série depuis longtemps mythique.
Des cascades, des armes automatiques, des créatures somptueuses, des chinois fourbes et pervers, des complots, des amitiés viriles, de l’exotisme, du suspense et de l’aventure : tous les ingrédients de la série sont présents pour le deuxième et dernier volet des aventures de Largo Winch à Hong kong.
Michel Fugain déclarait récemment « le quotidien, on s’en fout ». Cette déclaration est une critique de la Nouvelle Chanson Française dont les thèmes varient souvent entre le souvenir de la bonne odeur de la colle Cléopatre d’antan et le souvenir récent du regretté film du dimanche soir. Bref, de la madeleine de Proust au kilo et de longs colliers de petites perles de clichés collectifs et fédérateurs.