Vie des feux – Murena

La tension s’installe durablement dans la série, et on en peu plus d’attendre que n’éclate la folie meurtrière de Néron. Les auteurs semblent retarder l’instant le plus longtemps possible, procédé restituant une nervosité des personnages chez le lecteur.

Garde impériale, courtisans, proche de Néron commencent à ressentir la peur. Les auteurs à travers un dessin toujours plus somptueux ne tranchent pas sur l’hypothèse qui voudrait que l’incendie de Rome de 64 après JC aurait été allumé par Néron lui même. Ils passent cette supposition sous silence pour l’instant. Quant à Lucius Murena et Néron, ils ne s’affrontent pas encore directement et ne le font que par personnes interposées pour l’instant.

La figue

1914-1915-1916 – Putain de guerre !

Oubliez Nestor Burma un instant et ouvrez « Putain de Guerre » : mieux qu’un cours d’histoire tant Tardi a apporté de soin à détailler la vie des poilus. Dans « C’était la guerre des tranchées », Tardi avait fait le choix de traiter des histoires individuelles, chacunes symptomatiques des thèmes de la Grande Guerre : rôle des gendarmes, « bavures » de l’artillerie, desertions etc. Ce prisme renforçait la proximité du lecteur avec ces soldats et n’en rendait que plus atroce la grande boucherie.

Ici on revient à un traitement plus classique dans un ordre chronologique. Chaque planche est découpé de manière invariante en 3 strips. Chaque année est traitée à part égale avec le même nombre de pages pour être chacune complétée d’une documentation réalisée par Jean Pierre Verney. Seule la couleur évolue tout au long du récit. Colorées et bariolées pour l’annee l’année 14, des planches vives illustrent une guerre qu’on croit fraîche, joyeuse et destinée à être courte. C’est encore une guerre de mouvement. Au fur et à mesure, les couleurs s’estompent pour aboutir à un gris uniforme symbolisant, l’enterrement des armées au fond des tranchées, l’enlisement du conflit et la lassitude des troupes.

Pas de héros ou d’intrigue dans cette histoire puisque nous sommes dans une guerre de masse où c’est le hasard qui fait son tri entre les morts et les rescapés. Simplement une œuvre pour maintenir vivace le souvenir de ce conflit au moment où le dernier de ses représentants français vient de mourir.