La brousse ou la vie – Les tribulation du Choucas

A mi-chemin entre le Poulpe et le travailleur social, le Choucas fait partie de ces détectives dont les enquêtes les plongent systématiquemet au coeur de l’actualité politique.

Racisme des forces de police, exploitation des filières d’immigration par des passeurs sans crupules, cette tribulation nous confronte à la question de l’intégration et celles des origines. Le pays des ancêtres est souvent bien loin de celui que l’imaginaire d’un gosse de Paris peut façonner.

Le Choucas enquête a son allure, celle d’un quinquagénaire que les années n’ont pourtant pas rendu insensible à la misère ou aux injustices. L’action vient à qui sait lancer quelques lignes tout en savourant quelques bières. Quelques dialogues dans le plus pur style argotique finissent de lier le lecteur au Choucas et à son humanisme bonhomme.

La Figue

Mélodie d’El Raval – Jazz Maynard

Tons sombres, ligne claire et épurée, stylisation des visages, scènes d’actions au dynamisme et à la violence proche de l’univers manga, le dessin de Roger s’impose comme une des innovations du moment. Un scénario qui fait la part belle à l’action sans pour autant négliger la composition des personnages.

L’histoire gagnerait néanmoins en profondeur et en effet si elle approfondissait la noirceur des personnages et si elle poussait le roman noir dans ses extrémités. On aurait aimé entendre la voix-off du héros et il est dommage que l’histoire ne fasse pas une plus belle part à Barcelone dont on ne sait finalement plus très bien pourquoi elle a été choisie comme cadre de l’action.

Lafigue

Si vous avez raté le tome 1, en voici la bande annonce…

Planter des clous – Le combat ordinaire

Manu Larcenet sort le tome 4 du Combat Ordinaire. Age tendre, désillusions et gueules de bois…

La critique est aisée mais l’art est difficile dit le quidam impunément. Or, je viens tout juste de finir le dernier tome du « Combat ordinaire » de Manu Larcenet. Et comment voulez vous que j’en fasse une de critique sur cette bon dieu de BD ?

Il n’y a pas de reproches à lui faire à ce satané illustré à part ceux que Marco, le héros de l’histoire se fait sempiternellement. Apparemment devenu plus serein, la paternité semble l’avoir décentré de lui même et de ses angoisses qui n’effrayent nullement son psychanalyste ;un psychanalyste plus taquin que freudien quand Marco parle de ses envies de meurtre ou quand il lui prend de faire son malin. L’apprentissage d’un papa avec sa fille, la détresse ouvrière, les racines historiques et familiales, l’illusion politique sont abordés tant à travers les échanges entre personnages que par la somptueuse mise en page de silences qui installent autant les transitions que le rythme de la réflexion. Ce procédé souvent utilisé permet au lecteur de s’emparer des questions que se posent Marco ou Pablo, l’ami de son père disparu. Les moments d’humours révèlent les failles ou les contradictions d’une vie qui si elle s’écoule ordinairement, ponctuée par ses drames grands ou petits, ne manque pas de profondeur. Et cette profondeur, cette complexité, qui donnent le vertige à Marco sont révélées à chacun par la lecture de cette histoire.

Ma question à moi du coup n’a toujours pas trouvé sa réponse. Comment je fais moi pour faire rien qu’à critiquer cet album.

En effet monsieur Larcenet ! Des gens comme vous sont les fossoyeurs d’une profession qui n’est pas mienne mais c’est pas une raison quand même… je n’ai même pas réussi à trouver une bribe de dessin dont on pourrait dire qu’il est un quart de poil foireux. Forcément quand on fait la synthèse réussie du gros nez et d’un dessin intimiste, c’est trop facile alors : on peut tout aborder. La vie, l’amour, la mort ou que sais-je encore. Quand le moindre trait se met instantanément au service d’une histoire, je n’ai plus qu’à finir cet article et pis c’est tout.

Lafigue