Si vous débarquez dans la série
Suite de la série qui avait vue Erwan partir en mission, accompagné malgré lui par Pauline dans un de ces univers fantastiques dont Loisel a le secret. Dans cet épisode, Erwan revient dans notre monde et part sur Paris à la recherche de Pauline. Il évolue dans un futur proche, pas vraiment fantastique où la situation sociale a empirée.
Loisel nous a plus habitué à voyager dans des mondes fantastiques que dans des univers proche de notre réalité. Avec Le Grand Mort, nous avons droit au « deux en un ».
D’un côté un monde parallèle propice à mener une quête, de l’autre un futur proche et gris. Dans la plus grande partie de ce tome, le héros se promène dans un Paris crasseux, pollué, où la pauvreté a explosé avec son cortège de violence et, les bons jours, de mouvements sociaux. Ce léger glissement vers le pire est bien plus effrayant que bon nombre d’anticipations futuristes un brin trop abstraites. Et ce n’est pas un des moindres mérites de cet album qui sans aucun prêchi-prêcha, et sans se fixer pareil but, parvient à nous alerter sur une dégradation dont nous sommes coutumiers sans forcément en évaluer les conséquences à moyen terme.
Ainsi donc, le deuxième tome de la série se développe à un rythme tranquille, sans précipitation et sans s’étirer exagérément. La douceur des traits données aux visages des personnages parvient à atténuer l’univers gris ambiant des décors, tandis que énigmes et suspense sont tempérés par l’extrême civilité matinée d’une touche de flegme du personnage principal.
Lafigue
Oubliez Nestor Burma un instant et ouvrez « Putain de Guerre » : mieux qu’un cours d’histoire tant Tardi a apporté de soin à détailler la vie des poilus. Dans « C’était la guerre des tranchées », Tardi avait fait le choix de traiter des histoires individuelles, chacunes symptomatiques des thèmes de la Grande Guerre : rôle des gendarmes, « bavures » de l’artillerie, desertions etc. Ce prisme renforçait la proximité du lecteur avec ces soldats et n’en rendait que plus atroce la grande boucherie.
Difficile de croire l’avertissement donné par Bouzard, sur la première planche de cette Autobiography of a mitroll : son propos n’est pas de faire rire. Et on est à deux doigts de le croire quand il commence à aborder l’agonie de sa mère. On se dit qu’il va nous écrire son
Bougre de saperlipopette à la graisse de Karacho. Encore un album de Manu Larcenet qui ne me laisse pas d’autre choix que d’encenser son auteur, ses talents de conteur et son dessin. Les gens vont finir par croire que Larcenet paye l’hébergement de ce site.